L’art d’être grand-parent dans la littérature

grand-parent dans la littérature

13 Juil L’art d’être grand-parent dans la littérature

La littérature, qu’elle soit autobiographique ou de fiction, explore souvent le rapport filial ; mais on trouve aussi des pages splendides, quoique plus rares, qui évoquent les grands-parents et réfléchissent, de manière tendre ou drôle, anecdotique ou grave, à leur rôle au sein de la famille et de la société.

Le titre de l’atelier « L’art d’être grands-parents » est un hommage direct au recueil de poèmes de Victor Hugo, L’art d’être grand-père.

Victor Hugo entouré de ses petits-enfants

Âgé et exilé, le grand écrivain se retrouve, à la suite de la mort de son fils Charles, impliqué de très près dans l’éducation de Georges et Jeanne, ses petits-enfants en bas âge. Au lieu d’y voir un fardeau, il y retrouve le goût du bonheur et pratique l’humilité, l’auto-dérision et l’amour fou :

 

« Ces chers petits ! Je suis grand-père sans mesure ;

Je suis l’ancêtre aimant ces nains que l’aube azure,

Et regardant parfois la lune avec ennui,

Et la voulant pour eux, et même un peu pour lui.

Pas raisonnable enfin. C’est terrible. (…) »

 

 

Lui qui ne s’est jamais incliné devant les puissants, qui a gardé une posture esthétique et politique de roc pendant toute sa vie, se retrouve « vaincu par un petit enfant » – et c’est dans cette souplesse, dans cette capacité à aimer encore, à s’adapter, qu’il montre sa grandeur. Tançant les hommes de son temps, Victor Hugo remet chacun à sa place en encourageant les joyeuses transgressions des « enfants gâtés » et en jetant un regard impitoyable sur les « pères pourris ». Son rôle d’aïeul n’est pas de faire respecter les lois, d’ordonner et de punir, c’est de transmettre les valeurs essentielles : la liberté, l’amour, le partage…

Quant à un portrait de grand-mère, on en trouve un incroyable dans le roman Un roi sans divertissement, de Jean Giono. Il s’agit de Madame Tim, personnage secondaire de l’histoire qui fascine les villageois par sa connaissance de la nature humaine et les fêtes qu’elle crée pour ses petits-enfants. A travers la description trépidante des réjouissances enfantines, le narrateur suggère avec nostalgie l’importance des jeux d’enfant, qui aident à se construire et à donner du sens aux épreuves de la vie.

« A la voir au milieu de cette cuve d’enfants dont elle tenait une grappe dans chaque main, pendant que les autres giclaient autour d’elle, on l’aurait toute voulue ».

Figure absolue de la féminité, à la fois femme, mère et grand-mère, Mme Tim apparaît alors comme une déesse, mi-Gaïa mi-Dionysos, qui préside en son paradis à la joyeuse maturation de l’enfance.

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